LE SUD DE LA COLOMBIE

Dernière étape en Amérique Latine avec la découverte du sud de la Colombie.

CALI

Mardi 20 Août: Après quelques jours de repos, je reprends la route pour Cali. Il n’y a pas de trajet direct. Je dois d’abord passer par Armenia. Le terminal est bondé, j’attends le bus assis par terre (clochard ou backpacker, la différence est parfois infime). Quelques heures plus tard me voici arrivé. Je retrouve une moiteur tropicale qui ne m’avait pas manqué.

Mercredi 21 Août: Je participe au traditionnel free walking tour de la ville. La ville en elle même a peu d’intérêt. Il n’y aucune unité architecturale, cela part dans tout les sens. Cette visite permet néanmoins d’en apprendre un peu plus sur ce qui fait la renommée de cette ville: la salsa. Cette danse fut crée à New York au début des années 70 par des immigrés cubains et porto-ricains. La salsa s’est ensuite propagée en Colombie ou Cali en devient un symbole mondiale par son viviers de chanteurs et danseurs reconnus.
Mon auberge de jeunesse proposant un cours le soir, je décide de tenter l’expérience. La salle de classe est bondée, chaque touriste de passage souhaite apprendre quelques pas. Notre prof locale nous apprend quelques pas basiques comme initiation. Les filles s’en sortent bien, les mecs un peu moins.
Nous décidons d’aller pratiquer les quelques pas que nous maîtrisons dans les clubs de salsa de Cali. Nous choisissons un des lieux les plus réputés. Pour entrer nous nous faisons fouiller une première fois à l’extérieur puis une autre fois à l’intérieur. Cali reste une ville assez craignos, les mesures de précaution sont doublées. Une fois à l’intérieur nous restons comme paralysé. Les Calenos ne dansent pas, ils virevoltent, tourbillonnent dans tous les sens. Chaque personne semble avoir le niveau d’un danseur professionnel. Autant dire que nous sommes ridicules avec nos deux trois pas de danse appris sur le tas.

Jeudi 22 Août: Je quitte Cali pour Popayan le matin. Je prends une compagnie de bus au hasard. Mon choix s’avère mauvais. Le bus s’arrête partout. Les gens montent même quand il n’y clairement plus de place. Avec ma chance légendaire dans les transports, je me retrouve à coté d’un flic qui doit bien peser au moins 130 kilos. Forcemment vu le nombre de personnes amassés dans un si petit espace, la chaleur devient vite suffocante. J’arrive exténué à Popayan.

Vendredi 23 Août: On ne change pas une équipe qui gagne, je repars donc sur le principe du free walking tour pour découvrir la ville blanche. Je rencontre des français et des allemands avec qui je sympathise. Le free walking tour est un peu décevant. Il est orienté presque exclusivement sur les églises et couvents de la ville. Autant dire qu’après plus de deux heures, tout le monde en a sa claque. Je dois partir le lendemain pour Neiva, pour rejoindre le désert de Tatacoa. Je rencontre à l’auberge une française, Julie, qui part dans la même direction. Nous décidons de réserver le bus pour faire le trajet ensemble. Au final il n’y a qu’une seule compagnie qui propose le trajet et ce sera de nuit.
En fin d’après midi nous allons voir le coucher de soleil avec le groupe du matin. Il y a une butte qui permet d’avoir une jolie vue lorsque le ciel s’embrase. On y rencontre une autre française qui vient de faire notre futur trajet dans le sens inverse. Elle nous raconte qu’après près de 8 mois de voyage en Amérique du sud, c’est le pire trajet qu’elle ait fait. La route est catastrophique et parait-il la zone est dangereuse depuis quelques jours suite à des barrages de paysans. Bon nous n’avons plus tellement le choix, vu que les billets sont pris et que c’est le seul moyen de rejoindre Neiva. Nous nous rendons au terminal, un peu inquiet de ce que nous réserve la nuit.

Samedi 24 Août: Elle ne nous avait pas menti. Ce n’est pas une route mais un chemin forestier. Le minibus bouge dans tous les sens. Impossible de dormir dans ces conditions. J’arrive par moment à m’endormir une dizaine de minutes avant de me faire réveiller par une grosse secousse. Nous sommes au milieu de nulle part. Aucune trace d’habitations. Puis au milieu de la nuit, le bus s’arrête. Je regarde dehors pour voir ce qu’il se passe. Il y a un barrage et le bus est bloqué. La porte du bus s’ouvre et une personne en treillis militaire et armé entre. Je comprends vite à la vue de son treillis que ce n’est pas un militaire. Il nous dit qu’ils appartiennent à l’ejercito de liberacion nacional (l’armée de libération nationale), que tous le monde doit sortir immédiatement du bus. J’en mène vraiment pas large à ce moment. ELN est la deuxième plus grosse guérilla derrière les FARC. Le groupe est considéré comme une organisation terroriste par l’Union Européenne. Nous sommes les seuls touristes du bus avec Julie. A ce moment là ils se passent beaucoup de choses dans ma tête. La crainte de se faire dépouiller ou pire enlever.
Toutes les personnes du bus descendent. Les guérilleros ne semblent pas agressifs. Ils nous fouillent intégralement. Puis à ma grande surprise, ils nous laissent repartir sans mot dire. Je n’en reviens pas. Peut être que mon imagination galopante voyait le pire la ou il n’y avait pas de raison de s’alarmer ou peut être que j’ai juste eu de la chance ce soir la.
Autant vous dire que je n’ai pas dormi sur la suite du trajet, la montée d’adrénaline et le crainte d’un nouveau barrage m’a tenu éveillé.
Arrivé à Neiva, nous reprenons un bus pour Villavieja, puis un touk touk qui nous emmène dans le désert. Je fais une grosse sieste pour récupérer. Nous partons ensuite marcher dans le désert rouge. Nous montons sur un promontoire pour admirer les lumières du coucher de soleil. En voulait prendre une photo, je touche un cactus et m’enfonce plusieurs épines dans la main. Je me maudis d’avoir été aussi maladroit, ma main est en sang. Nous retournons à l’hôtel ou je me désinfecte en nettoyant consciencieusement les plaies.
Une fois la nuit tombée, direction l’observatoire d’astronomie. Les déserts sont des endroits privilégiés pour observer les étoiles. Il n’y pas de pollution, le ciel y est souvent dégagé. Un colombien nous parle avec passion des étoiles pendant plus deux heures. Nous sommes allongés sur le sol, l’écoutant parler de notre galaxie et du système solaire.
Une fois terminé, nous retournons à notre auberge pour une première. C’est effectivement la première fois que je vais dormir dans un hamac, en extérieur. La nuit ayant été extrêmement difficile la veille, je ne tarde pas à m’endormir

Dimanche 25 Août: La nuit s’est bien passé dans le hamac. J’étais de toute façon tellement épuisé que j’aurais pu dormir n’importe ou. Nous repartons avec Julie dans le désert rouge pour l’explorer plus en profondeur que la veille. Le paysage est composé quasi exclusivement d’une terre rouge ocre et de centaines de cactus. Ayant retenu la leçon de la veille, je me tiens éloigné de ceux ci. En fin de matinée nous partons pour le désert gris. C’est moins joli que le désert rouge mais cela vaut quand même le détour.

Nous passons une courte nuit sur Neiva avant de rentrer sur Bogotá. Je laisse Julie qui continue son voyage en Colombie. Je me prends quelques jours de repos et de préparation avant d’attaquer la suite: les Fidji.


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